LE PROJET DE LOI 11 : TOUJOURS PLUS DE CONTRAINTES SANS DAVANTAGE D’ACCÈS

Montréal, le 1er FÉVRIER 2022 – CISION/ La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) présentait ce matin son mémoire en commission parlementaire dans le cadre des auditions concernant le projet de loi 11 : Loi visant à augmenter l’offre de services de première ligne par les médecins omnipraticiens et à améliorer la gestion de cette offre.  Le contenu du projet de loi 11 se résumant essentiellement à davantage de contraintes pour la profession médicale tout en ne proposant aucune mesure permettant une réelle amélioration de l’offre de soins en première ligne, les médecins de famille demandent simplement son retrait.  

De plus, le projet de loi 11 étant une version renforcée en quelque sorte de la coercitive et discriminatoire loi 20 de l’ex-ministre Barrette, il demeure invraisemblable à nos yeux que le gouvernement ait pu faire sienne cette approche autoritaire, centralisatrice et contre-productive. Alors que nous vivons encore les conséquences d’une pandémie exceptionnelle qui a demandé des efforts inédits aux médecins de famille en raison de leurs responsabilités sur le plan de la prise en charge et du suivi de patients, en plus d’assurer un travail considérable en établissement (urgences, hospitalisation, cliniques COVID, CHSLD et soins de longue durée, obstétrique, réadaptation, soins intensifs, etc.), il est impératif que le gouvernement change d’approche et renonce à aller de l’avant avec le projet de loi 11.

« Le projet de loi 11 ne contient aucune mesure structurante permettant un meilleur accès aux soins de première ligne. Ce projet de loi n’en est pas un sur l’accès, c’est un projet de loi sur le contrôle étatique et bureaucratique de la profession médicale qui ne fera que dévaloriser encore davantage la pratique de la médecine familiale. Plus de 400 postes de résidence en médecine de famille sont demeurés vacants depuis 2013 au Québec. Cette année seulement, 75 postes de résidence en médecine de famille sont demeurés vacants au Québec par rapport à un seul dans l’ensemble des autres spécialités médicales confondues ! Un seul poste non pourvu peut avoir des effets néfastes pendant 30 ans, alors imaginons 400 ! Voilà une tragédie collective dont le gouvernement semble malheureusement incapable de prendre la mesure. Au contraire, avec ses politiques, il semble souhaiter la nourrir et l’accentuer », a affirmé le Dr Marc-André Amyot, président de la FMOQ.

Les médecins omnipraticiens ont toujours pour objectif que les Québécois qui le souhaitent aient un médecin de famille, mais surtout qu’ils aient accès aux soins requis au moment opportun. C’est pourquoi la Fédération a fait siennes plusieurs propositions novatrices au cours des derniers mois, notamment en s’assurant d’une adhésion importante de ses membres à un éventuel système de prise de rendez-vous simplifié, mais surtout, en prônant la mise en place à la grandeur du Québec de Guichets d’accès pertinence (GAP). Ce déploiement du GAP, dont nous nous faisons les plus ardents défenseurs, permettrait enfin à plusieurs autres professionnels de la santé (infirmières, psychologues, physiothérapeute, pharmaciens, etc.) d’être la porte d’entrée du système de soins tout en diminuant la surcharge des médecins de famille.  L’avenir est là : le bon professionnel pour le bon patient au bon moment.

Si on ajoutait au déploiement fonctionnel du GAP une prise en charge de groupe, comme nous le proposons depuis des mois au gouvernement, plutôt qu’individuelle et reposant sur les épaules d’un seul médecin de famille, et un allègement de la charge administrative pour les médecins, nous aurions alors de véritables conditions gagnantes pour améliorer l’accès. Malheureusement, le gouvernement à ce jour, au-delà du discours, semble incapable de s’engager dans ces voies prometteuses et d’offrir des garanties à cet égard.

« Le projet de 11 semble pour l’instant l’aboutissement du refus gouvernemental de négocier de bonne foi avec les médecins de famille la mise en place de mesures pouvant réellement améliorer l’accès aux soins de première ligne, et ce, malgré nos appels répétés en ce sens et notre disponibilité totale tout au long des derniers mois. Malgré tout, la FMOQ réitère à nouveau son souhait de voir le gouvernement choisir finalement l’approche collaborative avec les médecins de famille plutôt que la confrontation. C’est ce qui nous permettra d’utiliser nos forces vives pour améliorer la situation pour le plus grand bénéfice de nos concitoyens. Si le gouvernement veut s’investir dans cette voie avec nous, les médecins de famille seront au rendez-vous et nous réussirons ensemble à améliorer les choses. Les Québécois méritent une telle concertation », a conclu le Dr Amyot.

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Source : Fédération des médecins omnipraticiens du Québec
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